Démarche de co-chercheur

FORMER DES ELEVES CO-CHERCHEURS EN CHANGEANT DE POSTURE

Document élaboré par Jocelyn Reulier, novembre 2018

Former une « communauté de co-chercheurs  qui métacogitent» nécessite pour l’enseignant de réfléchir avec ses élèves au fonctionnement cérébral et aux stratégies associées pour mieux apprendre. Les élèves sont ainsi conviés à « métacogiter » en apprenant à :

  1. Se connaître dans le cadre d’apprentissages, en développant des stratégies pour mieux s’autoréguler
  2. S’aventurer dans une meilleure compréhension de leur propre fonctionnement cérébral pour mieux apprendre

« Co-chercher » nécessite pour eux :

  • De se questionner
  • De prendre en compte leurs erreurs, de les soumettre à leur communauté apprenante et de s’engager dans un processus de compréhension et d’analyse
  • De chercher avec leurs pairs des stratégies d’autorégulation adaptées à leur propre fonctionnement cognitif
  • De s’impliquer réellement dans la réflexion métacognitive pour aider les pairs à trouver des solutions à leurs difficultés…

Parallèlement et en fonction des réalités du terrain, des échanges ont lieu à partir des problématiques suivantes et permettant de mieux se connaître :

  • Comment est organisé mon cerveau et comment fonctionne-t-il ?
  • Suis-je capable de développer mes apprentissages comme les autres ?
  • En quoi le stress bloque mes apprentissages ?
  • En quoi la motivation est l’essence du cerveau ?
  • En quoi l’erreur est inhérente au processus d’apprentissage ?
  • En quoi dois-je maîtriser les fonctions exécutives pour apprendre ?
  • Comment puis-je mieux gérer mon attention ?
  • Comment puis-je mobiliser adéquatement mes mémoires ?
  • Comment puis-je inhiber des automatismes erronés ?

Dans cette approche, ce sont les élèves qui construisent eux-mêmes leurs outils d’autorégulation en fonction de leurs propres besoins. Voici un exemple de méta-outil qui a été élaboré par une élève de CM2 dans le cadre de la production d’écrits :

Sans titre

Un changement de posture s’avère indispensable. L’enfant n’attend plus les réponses de l’enseignant comme détenteur du savoir. Il est véritablement actif mentalement en s’engageant et en explorant des stratégies d’apprentissage. L’enseignant change également de posture puisqu’il cherche à comprendre les erreurs de chacun, de concert avec les pairs, en bénéficiant du même statut de « co-chercheur ».

Dans le cadre de la vidéo suivante, les élèves de CM2 de la classe de Jocelyn Reulier expliquent avec leurs mots ce que nécessite la mise en œuvre d’une telle posture. Par ailleurs, pour que les apports des neurosciences soient véritablement effectifs, Jocelyn Reulier préconise d’œuvrer en « neurodidactique » (Reulier, 2018[1]).

https://prix-innovation-pedagogique.com/projets-nomines/former-eleves-cochercheurs/

En formant des élèves co-chercheurs et en leur apportant les bases fondamentales d’une bonne compréhension du fonctionnement cérébral pour apprendre, les praticiens-chercheurs du groupe GNOTHI SEAUTON sont accompagnés dans la mise en œuvre de projets innovants en articulant les apports des neurosciences avec des situations didactiques concrètes liées à la matière qu’ils enseignent, en identifiant notamment des erreurs liées à un manque d’inhibition (dans la lignées des recherches d’Olivier Houdé) et en construisant avec les élèves des outils pour se contrôler.

[1]REULIER, Jocelyn, « Œuvrer en neurodidactique de la production d’écrits », Éducation et socialisation [En ligne], 49 | 2018, mis en ligne le 01 septembre 2018, consulté le 13 novembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/edso/4511 ; DOI : 10.4000/edso.4511

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